Créatif en Afrique : Temoignage d’un Photoshopeur Camerounais

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Whats up, Compatriote du web. Felicitations d’être vivant

Je viens par la présente répondre a quelques questions posées au sujet du combat que représente le fait d’être un créatif professionnel en Afrique. On va respectez les étapes : Voir ce qui nous motive a nous lancer, les problèmes que l’on rencontre, personnel ou systémique(?), et les limites de nos possibilités. (je mettrai l’article a jour demain)

A l’école, on apprend qu’un designer c’est quelqu’un qui gagne sa vie en dessinant. des voitures, des maisons, et même des jouets. On ne nous dit pas trop ce qu’il faut étudier en priorité pour le faire, alors on s’applique au dessin. Sauf que Dessin à l’école, c’est coefficient 1. Tres peu d’impact sur la note générale comparativement à Mathématique ou Langue vivante 2. Donc lorsqu’on dit aux parents que veut être designer, on passe pour l’enfant qui veut pas étudier et faire « un vrai boulot ».

Lorsqu’on arrive a l’université, et qu’on cherche des filières en fonction de notre Baccalaureat, les options dans les métiers administratifs sont vaste, suivi par les métiers techniques. Le dernier sous groupe de competences un genre un genre est concentré dans les « formation professionalisante ». En gros, couture, coiffure, etc… ce que tu peux faire si tu n’as pas eu le Bacc’ mais que tu veux un diplôme quand meme.

Les formations artistiques diplomantes au cameroun ne sont pas legion. Et les entreprises en quete de competence de ce type ont souvent eu tendance à s’adresser a des polyvalents. C’est plus intéressant de recruter un informaticien qui s’y connait un peu en design qu’un graphiste auto didacte qui ne sait rien faire d’autre que son improvisation.

C’etait la, la difference entre le mythe du dessinateur de voiture et la realité de l’informaticien qui doit avoir plusieurs competences : Le design ne paie pas. il rend juste « plus interessant ».

Les graphistes qui ont commencé il y a 10 peuvent temoigner : C’etait beaucoup plus facile d’apprendre. Internet etait en pleine croissance. Peu de contenu payant, parceque personne ne voulait prendre le risque de mettre ses sous dans le virtuel. Les forums d’entraide etaient tres animés.

Sauf qu’internet etait un luxe au cameroun. ca coutait des sous. fallait etre passioné. et etre a l’aise avec les ordinateurs. la penetration d’internet etait alors de 6%. autant dire qu’apprendre le design par soi meme relevait VRAIMENT de la passion. et la, on parle encore de l’apprentissage.

Les realités apparaissent lorsque les premieres missions nous tombent dessus. Realiser des projets avec les memes standards que les concurrents etrangers. sans la meme formation.
cahier de charge : « copie seulement pour eux, tu mets notre nom en dessous ».

et je ne parle pas de l’equipement necessaire pour faire ce travail. S’il suffit d’un petit pentium 4 et d’une poignée de ram pour faire tourner word et excel et transformer Beatrice 19ans, BaccA esp, en une parfaite secretaire operationelle, pour le design, c’est un autre calvaire. Les logiciels sont plus gourmands, demandent plus de puissance. et la puissance coute cher. tres cher. a titre de comparaison. un informaticien graphiste pouvait esperer gagner 150k en 2014 mais son ordinateur de travail valait minimum 600k. et ca ne s’ameliorer pas avec le temps : les logiciel deviennent plus puissant, et demande des machines plus puissantes. et comme l’afrique est en retard sur l’importation de technologie, se procurer du materiel demande de passer par la case importation, avec les frais supplementaires qui vont avec.

douleur.

Mais certains s’en sortent.

En haut de la liste, on a ceux qui reviennent de l’exterieur, et qui beneficie d’un credit absolu de la part de certains employeurs locaux victime malgré eux du complexe du colonisé qui les mene a penser que toute personne ayant evolué a l’etranger a plus raison et merite plus d’interet qu’un compatriote qui n’as jamais eu le visa.

et ca se ressent dans la consideration professionnelle et bien sur dans la repartition des salaires. donnant l’impression que pour être recruté dans un poste, il faut venir de l’exterieur.

Ensuite, on a ceux qui s’y sont investi completement et qui ont recu un soutien complet de leur entourage tres tot dans leur passion. Cependant, il s’agit en general de personne ayant le choix, avec une famille a l’abri du besoin. Et il n’est pas rare que ces derniers sortent du pays a un moment donné. Aggravant l’impressio que l’enfer, c’est chez nous.

C’est la que le mindset entre en jeu. C’est vrai qu’il y a des limites reelles dans l’ambition d’etre un designer :
– le materiel cher et difficile a obtenir
– des formations difficiles d’accès, et rarement diplomante
– et une faible credibilité du metier, generalement induit par des empoyeurs qui sous estime la competence et l’impact sur leur business.

Tenter l’aventure au jour le jour serait un veritable suicide pour la motivation personnelle tant les frustrations seront grandes. Entre les appareils qui tombent en panne, impossible a reparer car la competence de reparation n’est pas disponible sur place, ou encore les clients qui ne comprennent pas les couts et exigent un travail a des tarifs miséreux, l’envie de tout abandonner pour faire un taf adminstratif est grand, colossal.

La passion est nécessaire. vitale meme pour rester debout. mais seule, elle ne ne suffit pas, il faut également un investissement humain et materiel important. une bonne comprehension des lois sur le sujet aussi.

D’autres besoins peuvent être évoqués :
Au niveau des formations : Etre mieux préparés aux réalités des métiers du liberal, avec les spécificités entrepreneurial que cela implique.
Les créatifs doivent être conscients de ce qu’ils valent, et de ce qu’ils apportent, pour se montrer pertinent sur le marché immature africain qui visent le chiffre à tout prix.
Au niveau juridique : une legislation plus consciente des activités liberale et de leur charge, notemment au niveau des impots, cotisation, et des avantages et inconvenients du regime. Que c’est modification ai un impact sur la capacité a faire un emprunt a la banque ou a la caisse sociale, afin de pouvoir pleinement se lancer.
au niveau societal : Que des investissements soit fait pour que l’acces soit plus simple aux outils de premieres nécessités pour l’exercice du metier.

Je pense avec ce dernier point avoir fait le tour du sujet. n’hesitez pas a poser les questions en commentaires

cordialement

le GDB

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