Shame – KKT

Compatriote du web, pardonnez moi

Je vous retiens cet après midi avec une lettre ouverte d’une sœur qui m’as touché, profondément. Je vous invite a partager sa lettre autour de vous si vous vous sentez touché également. Bonne Lecture


J’ai honte.
J’ai honte de moi.
Honte de m’être réveillé tard face aux atrocités qui se passent actuellement dans mon pays.

En quittant le Cameroun, je laissais derrière moi un pays que j’ai détesté, que j’ai maudit, que j’ai insulté pendant les années que j’y ai passé.

De retour en France, un petit sentiment de nostalgie se faisait ressentir. Trop fière, je décidais de le refouler. « Ce n’est pas ce pays au peuple cupide et fourbe qui va me donner le blues, je ne peux pas être triste pour ça, le Cameroun ne peut pas me manquer comme ça » me disais je. Il fallait que je me rende à l’évidence : le Cameroun me manquait. Ce n’était pas que les caramels de 50 ou bien la prune de 25 qui me manquait, mais ce petit tout qui fait du Cameroun le Cameroun qu’on aime. Sa chaleur, sa fraternité, ce sentiment d’avoir toujours un papa ou une maman lorsque l’on entre chez quelqu’un et ce petit côté « Il y a Toujours Une Solution Pour Régler Tel Souci », le sentiment d’appartenir à un peuple. … Encore une chose, lorsque l’on venait à comparer le Cameroun à un autre pays d’Afrique, l’argument qui clôturait le débat « Dieu Merci, nous au Cameroun on a la paix ! » Pouvons-nous en dire autant aujourd’hui ?

Chaque jour des bombes explosent, si bien que ça semble paraitre comme un événement du quotidien.

Des innocents meurent tous les jours sous les armes de Boko Haram et moi j’avais décidé de faire la sourde oreille. Peut-être que la distance m’avait fait me détacher peu à peu de mon pays d’origine.

Il a fallut qu’un mal s’abatte tout près de moi à Paris pour que je puisse ressentir ce que mon propre peuple subit en ce moment. La peur, la terreur et un sentiment d’insécurité. Dans certains villages du Nord, le bénéfice d’un lendemain nouveau est un luxe dont ils ne peuvent pas se payer.

Pour ça j’ai honte, et je tiens à présenter mes excuses à mon pays.

Pour toutes les victimes et les familles endeuillées, je porte le fardeau avec vous. Qu’aujourd’hui je n’oublie plus d’où je viens. Qu’aucun autre mort de plus ne soit la raison pour laquelle je dois me réveiller.

Africainement votre.

KKT

 

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